Une vie chez les fauves

Imaginez…

     Une vaste étendue de terre jaunie par le soleil, parsemée de quelques brins d’herbes sèches. Ça et là se dressent des acacias épineux dont l’ombre profite à des springboks isolés. Au centre de cette plaine paresse un paisible troupeau d’oryx, le regard posé sur les nouveau-nés. Un zoom sur ce paysage nous fait découvrir quelques agames se dorant au soleil pendant que des chacals se livrent à leur sieste quotidienne. Tout semble apaisant, l’araignée patientant dans sa petite caverne, les calaos curieux qui s’approchent en gloussant, le scorpion se promenant à la lumière du coucher de soleil.

     Mais cette apparente quiétude cache une survie de chaque instant. La sauterelle par exemple, qui doit non seulement esquiver les pièges des aranéides, tout en se méfiant du lézard affamé, mais aussi prendre en compte les dangers aériens. Les gazelles restent attentives au moindre bruit suspect. Chaque animal doit chercher à manger tout en évitant de se faire dévorer… et les prédateurs n’ont pas vraiment la vie facile. Le chacal de la taille d’un chien moyen a toutes les chances de se faire charger par les artiodactyles, et pour peu qu’ils trouvent un cadavre, il devra passer après les félins et les hyènes, tout en surveillant les vautours…le butin reste donc très maigre. Cette chasse est d’autant plus importante en période sèche, puisque la viande et les végétaux représentent la seule source d’eau.

     La vie dans ce désert n’a donc rien de facile. La première approche de cette sérénité a quelque chose de surnaturel, une zone vierge préservée de toute invasion humaine, mais en s’attardant sur les petits détails on se rend compte que la loi du plus fort règne partout…et cela accentue la magie du secteur, puisqu’en pénétrant dans cet endroit on prend le risque de faire partie de la chaîne alimentaire.

     En effet le danger est partout. Une famille de lion peut nous surprendre derrière le moindre buisson pendant qu’une vipère dérangée peut se montrer agressive. Et je ne parle pas de la nuit, ou les éléphants passent tout près de la tente dans un fracas de branches, ou l’on peut entendre les rugissements des fauves au loin, ou des paires d’yeux scintillent dans le faisceau de la lampe…autant de choses inquiétantes qui nous font très rapidement oublier toute notion de confort. Mais il n’y a pas que les animaux qui rentrent en compte, le climat mérite qu’on s’y attarde. Pendant la saison sèche, outre le peu d’humidité, et donc le dessèchement rapide, les variations de température sont impressionnantes : si le matin on se situe vers -3°C, la journée on dépasse aisément les 40°C au soleil !

      Cependant toutes ces conditions, le danger, le climat, la beauté de la nature, l’absence totale de technologie, tout cela réuni a quelque chose d’euphorisant. Et ce paradis porte un nom : le désert du Kalahari, au Botswana. Place aux quelques clichés qui, je l'espère, vous donnerons envie de parcourir ce vaste "terrain de jeu".

 

      Tout d'abord voici une mante, affectionnant les zones arides. Il s'agit d'Hoplocoryphella grandis, faisant environ 6cm une fois adulte. Elles sont particulièrement actives, et sautent pour fuir, mais leur camouflage suffit largement, et en restant immobile elle parait invisible !

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     On continue avec un Gemsbok (Oryx gazella), particulièrement commun dans le Kalahari, tout du moins à la Deception Valley. Il s'agit d'un mammifère brun à la naissance, qui peu à peu finit par obtenir sa coloration grise.  Voici un jeune spécimen:

 

     On peut également dire que c'est un ruminant qui sait très bien se passer d'eau, en l'absorbant dans les herbes. Lorsque l'on approche de trop près un groupe possédant des jeunes, les adultes se précipitent en cercle autour des juvéniles, et pointent leurs cornes vers les intrus. Certains peuvent se montrer très craintifs, mais il m'est arrivé, en Namibie, dans la réserve d'Okapuka, de me retrouver devant 5 individus...qui n'étaient pas du tout disposés à fuir, et qui s'avançaient vers moi d'un air menaçant ! D'ailleurs leur cornes sont impressionnantes et peuvent faire environ 1,50m !

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      Il peut arriver que des mâles s'affrontent pour les beaux yeux d'une femelle, comme le témoigne cette image:

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      Voici une autre gazelle, le springbok. Vivant également en troupeau, on peut le retrouver partageant les prairies des gemsboks, ainsi si un individu repère un prédateur, cela profite aux deux troupeaux. Les springoks peuvent effectuer des sauts de 4m, les pattes raides, avec la crête blanche de la croupe hérissée, les boers ont appelé ce comportement le "prunken".

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      Les gnous également font partie de cette riche faune, se déplacent en troupeau, et peuvent se joindre aux deux espèces précédentes pour former de grands regroupements. Ils sont très connus pour faire de grandes migrations accompagnés d'autre animaux, particulièrement celle du Serengiti, qui peut contenir jusqu'à 2 millions de têtes !

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      Les écureuils fouisseurs, très peu farouches ils sont toujours aux aguets, et sont également très curieux ! Ils font des galeries immenses sous terre, ce qui leur permet de fuir à tout moment !

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      Les chacals, ces chiens opportunistes sont très futés ! Il arrivent à attraper des jeunes otaries sur la Skeleton Coast, en Namibie (sorte de plage ou il y a énormément d'otaries !), mais il se nourrit d'une peu tout ce qu'il trouve, que ce soit insecte, fruit, etc. On les aperçoit surtout en couple, comme sur cette photo.

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       Un autre prédateur des contrées semi-désertiques: l'outarde. Cet immense volatile fait environ 120cm de haut et passe la majorité de son temps sur la terre ferme. Cependant c'est toujours un grand moment lorsqu'il prend son envol, ses ailes hors normes le soulève avec aisance, et on peut entendre un gros bruit du aux battements !

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      Et voici un ratel, une sorte de putois africain. Sa peau, particulièrement lâche et dure, lui permet de sortir de situation difficile ! J'ai pu observer ce curieux animal creuser la terre accompagné d'un autour (j'ai par contre beaucoup de mal à déterminer l'espèce).                                                        

 Et voici donc l'autour:

      On continue avec les oiseaux, voici un de mes favoris: le calao noir et blanc ! Sous son air méchant...il est méchant ! Il sait se faire respecter pour être exact. Lorsqu'un individu repère une proie (une chips au pied d'un campeur par exemple) il le défendra comme il peut, les plus forts mordent le cou des plus faibles, et ces derniers attendent patiemment leur tour en tentant quelques petits raids éclairs ! On peut rajouter que les femelles s'isolent dans des tronc d'arbres pour pondre.

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      On continue dans les petites merveilles: le guêpier ! Admirez donc ses splendides couleurs ! 

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      Encore un joyaux de la Nature: l'étourneau-métallique commun (Lamprotornis chalybaeus)! Les reflets bleutés de son plumage font ressortir ses yeux pétillant !

(5106)         Et on termine par deux reptiles ! Tout d'abord un agame (Agama atra) que j'ai pu rencontrer en milieu de matinée. Il faisait encore relativement frais et il profitait des rayons du soleil...tout comme moi. On peut deviner sa coloration tryptique.

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     Et ici un scinque à tendance arboricole rencontré dans un bosquet asséché (à cet endroit même ou, un peu plus tard, je fut attaqué par un essaim d'abeille). Je penche pour un Trachylepis striata, mais n'étant pas sûr je préfère me limiter au genre.

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