Description des taxons

 

     Voici une section à but éducative. En effet on pourra y trouver des descriptions de taxons bien souvent peu connus mais pourtant si fascinants !

Cette partie du site sera mise à jour régulièrement, et sera bien sûr illustré avec mes clichés (je m'excuse pour les comportements non imagés).

Je vous laisse donc naviguer au fil de ma plume qui vous dévoilera l'éthologie de ces étranges créatures.

 

-Aranéïdes

-Odonates

-Le camouflage

 


 

Aranéides

 

     L'ordre des Aranéides (à ne pas confondre avec Arachnides) comprend toutes les araignées. Cela va donc des mygales aux petites saltiques.

 

     Pour rappel, les araignées ne sont pas des insectes. En effet elles n'ont pas d'antennes, ont un corps scindés en seulement deux parties (céphalothorax et abdomen) et possèdent huit pattes. Toutes les araignées sont venimeuses, bien que la grande majorité des espèces n’occasionnera à l'humain qu'un petit bouton. En Métropole la plupart de ces créatures ne peut même pas percer le derme d'un homme. Sur 35 000 espèces, seules 500 occasionnent une morsure douloureuse et une douzaine seulement possèdent un venin dangereux.

Une autre particularité de ce groupe concerne la fabrication de soie, ayant de nombreuses utilisations: piège, cocon, amortisseur, etc...

D'ailleurs si l'araignée ne reste pas fixée à sa toile, c'est parce que tous les fils ne sont pas collants.

 

     Les techniques de chasse de ce groupe sont extrêmement variées.

Certaines (comme cette Argiope bruennichi) tissent de formidables toiles. Celles de l'Argiope sont d'ailleurs très reconnaissables grâce au "zig-zag".

 

D'autres pratiquent l'affût, comme cette thomise qui possède un camouflage efficace.

 

Un autre octopode, commun dans nos maisons, projette des fils de soies sur sa proie, il s'agit de Scytodes thoracica.

 

Une fois la proie capturée, l'araignée injecte son venin afin de rendre l'intérieur de l'animal liquide, elle suce ensuite cette "soupe" et laisse derrière elle un exosquelette vide.

 

Bien que les araignées soient de formidables prédatrices, elles sont également des proies. Certains animaux, comme les pompiles, se sont spécialisées dans la traque de ces Arachnides.

Ici le pompile utilise ses pattes avant avant de creuser. Elle injectera un venin qui paralysera l'araignée, puis effectuera sa ponte dans l'animal vivant.

 

 

     Passons à la parade nuptiale, très sophistiquée. C'est toujours le mâle qui part à la recherche de la femelle et c'est également à lui de faire ses preuves ! Chez certaines espèces le mâle effectue de petits pincements sur la toile de la courtisé afin de signaler sa présence, puis il pratique une sorte de musique. Chez d'autres, l'individu masculin offre un cadeau à sa dame, une proie enveloppée.

Bien souvent le dimorphisme est très visible et la différence de taille est importante. On le voit ici avec ces deux Néphiles. La femelle est bien visible, le mâle est minuscule, juste au dessus de son abdomen.

 

Une autre exemple avec cette jeune Argiope, entourée de trois mâles.

 

Lors de l'accouplement le mâle peut former un bouchon sur l'organe génital de la femelle afin d'assurer la pérennité de sa descendance.

 

     Concernant la ponte, elle est très variée suivant les espèces. Les oeufs sont en général protégés par un cocon de soie, le nombre de nouveaux-nés se situe entre 2 et 2000 par ponte !

A ce stade la femelle surveille constament sa progéniture. Elle peut rester sédentaire ou nomade:

 

Parfois, dans le cocon, il existe une "chambre" pour les individus les plus développés, le cannibalisme étant assez fréquent.

Une fois sorti de l’œuf, les juvéniles adopterons des comportements différents.

Chez Araneus diadematus par exemple, les jeunes forment une "grappe" se dispersant dès qu'un danger se fait sentir. Une fois assez grand, ils fabriquent un long fil et se laissent porter par le vent. Cette technique efficace pour la dispersion comporte des risques. En effet le vent ne peut être maîtrisé, les araignées peuvent être dévorées par les oiseaux ou tomber dans l'eau.

Chez les lycosidae les petits grimpent sur le dos de leur mère. Il peut arriver, quand les jeunes sont assez grand, que la porteuse de vie se fasse dévorée par ceux qu'elle a mis au monde.

 

     La croissance de ces animaux s'effectue à travers des mues. La cuticule s'ouvre, laissant l'individu pâle et très vulnérable. Il arrive que ce phénomène se passe mal, une patte peut rester coincée dans l'ancienne "carapace", mais un membre plus court peut apparaître à la prochaine mue.

 

En conclusion les araignées sont des animaux discret qui ne représentent aucun danger pour l'homme dans nos contrées. Même dans les pays exotiques elles ne feront que se défendre. Ce sont des animaux fascinants à observer, qui méritent plus de respect qu'un simple "beurk, faut l'écraser !".

 

Odonates

 

     Les Odonates (Classe regroupant l'ensemble des libellules et apparentées) sont très bien visualisées sous leur forme adulte, mais le grand public ne connait que très peu de choses sur l'ensemble de ce taxon.

Tout d'abord ce groupe est divisé en deux partie:

-Les Anisoptères: les libellules dites "vraies", assez imposantes et les deux paires d'ailes sont horizontales au repos.

-Les Zygoptères: regroupant les demoiselles et agrions. Très fines, les ailes sont verticales et réunies au repos (à l'exception de la famille des Lestidae).

 

     Ces deux taxons ont une croissance similaire. La larve est aquatique et possède un solide appétit ! Carnivore, elle dévore tout ce qui se trouve à portée, comme les têtards, petits poissons, autres insectes, etc...Elles savent très bien se défendre, déjà par leur taille, qui en fait un des animaux les plus imposants dans ce biotope. Certaines pratiquent même la thanatose (action de faire le mort).

     Une fois cette période achevée (d'une durée très variable suivant les espèces) vient l'émergence, stade ou elle atteint l'âge adulte. Pour se faire la larve sort de l'eau et cherche un support stable puis sort de sa cuticule. Juste après être libéré le corps est mou et les ailes pas encore durcies, l'animal est donc extrêmement vulnérable.

Petit à petit le corps se rigidifie, mais avant l'envol les ailes doivent être totalement formées.

Une fois que la libellule atteint l'imago (âge adulte) elle commence à faire de petits vols et peut enfin prendre possession du royaume aérien.

Cependant l'émergence peut très mal se passer. Voici l'exemple d'un individu ayant choisit un support stable, mais pas protégé. Les fortes bourrasques des environs ont eu raison de son développement.

 

     La liberté est la, mais un problème se pose très vite: la loi de la Nature, manger ou être mangé. Bien que les Anisoptères ne craignent pas les autres insectes, bien d'autres animaux jouent le rôle de prédateur: les grenouilles, hirondelles...ainsi que les autres membres de son espèce. Les Zygoptères, plus petits, figurent au menu de nombreux insectes.

Mais les libellules ne portent pas le surnom de "Seigneurs des marais" pour rien ! En effet ce sont de formidables machines de guerres ! Une vision qui ne laisse rien échapper, une rapidité impréssionnante et une puissance à couper le souffle ! Aucun Arthropode ne leur résiste, et ces terreurs poussent même le vice à capturer leurs proies en plein vol ! Voici quelques exemples de prédations:

 

 

     Bien que le monde gastronomique soit très important, une autre occupation demande un investissement particulier: l'accouplement ! 

La parade concerne surtout les mâles, qui se battent pour courtiser la femelle.

Le mâle utilise ses cerques  afin de maintenir le cou de la femelle. Cette dernière se recroqueville ensuite dans le but d'emboîter les pièces copulatrices, ce qui donne une forme de coeur appropriée à la situation. Mais une image vaut mieux qu'un lond discours, voici donc des illustrations:

     Après cette période, le mâle protège sa dulcinée contre tout intru, il m'est arrivé de me faire charger par un Cordulegaster boltonii ! Concernant la ponte, si certaines femelles préférent poser les oeufs en toute intimité, d'autres choisissent la sureté des tandems. Les oeufs sont posés à même la surface ou sur un support. Certaines peuvent faire des pics très rapide en laissant les oeufs petit à petit, d'autres pondent d'un coup.

Voici l'exemple d'une ponte en tandem:

-Le repérage à la surface:

-La ponte:

-Et une ponte plus tranquille:

     Après cette vision globale, je vous propose un répertoire de diverses espèces. Bien sûr il ne s'agit que d'un échantillon, puisque l'on compte environ 5700 espèces d'Odonates recensées à travers le monde !

Le camouflage

 

     Avant de nous pencher plus en détail sur ce phénomène, faisons un point sur la définition. Tout d'abord camouflage et mimétisme ne sont pas synonymes. Le camouflage est, en gros, le fait de se cacher. Cela peut-être impressionnant (comme les pieuvres) ou plus anecdotique (comme un lion).
Le mimétisme est un type de camouflage. Il implique, en gros, trois espèces: le modèle, le mime et le dupé.
Il y a pas mal de vocabulaire, mais c'est surtout une excuse pour exposer diverses stratégies que l'on peut observer à l'extérieur !

     Commençons par l'homochromie (de même couleur). C'est le fait d'adopter une couleur dominante de son environnement. Par exemple de nombreux animaux de la savane auront des tons jaunes/orangés. Voici un steenbok (Raphiceros campestris), on remarque qu'il se confond dans son milieu: le Bush.
   

    On peut également noter l'homochromie variable. Comme son nom l'indique, le sujet a une couleur...variable ! Chez les pieuvres c'est spectaculaire, en quelques secondes elles arrivent à se calquer sur ce qui les entoure ! Et pour ceux qui ne se "transforment" pas, il existe une solution que les Psychidae (petits papillons) mettent en pratique:les fourreaux larvaires sont fait de feuilles, de terre, attachés par de la soie. En effet quoi de mieux pour se cacher dans son environnement que de devenir l'environnement lui-même ?
Le cas du caméléon est un peu différent. Certes il y a homochromie (Par exemple chez les Furcifer pardalis, caméléon panthère, si ils se trouvent à la Réunion, à Nosy Be ou à Ambilobe ils auront des couleurs de bases différentes). Mais il ne va pas changer de couleur si la couleur de son milieu change. En fait il change de couleur suivant...ses humeurs. Un peu comme nous, intimidé on rougit, effrayé on blêmit. Si le caméléon est en colère il va devenir plus foncé, avec des marques noires pour les femelles (déjà rouges). Cela n'aide pas à se camoufler, mais ça peut avoir son effet sur un individu qui vient titiller de trop près (même si il s'agit d'un chien !). Voici en haut un portrait de femelle et en bas un mâle. Tout deux de la localité "La Réunion".
  
  

   Un autre modèle de camouflage par la couleur consiste à arborer une coloration disruptive. Souvent représenté par des lignes ou des bandes, cela permet de "casser" la silhouette. Dans un troupeau de zèbre, si tout le monde bouge en même temps, on va avoir du mal à distinguer les individus entre eux, assez problématique pour les prédateurs.  Il y a un fort contraste entre les couleurs, cela permet d'imiter les jeux d'ombres et de lumières.       

 

   Un excellent complément à l'homochromie est l'homomorphie (de même forme). Ici il ne s'agit pas d'imiter la couleur mais la forme de l'environnement. Je ne connais pas d'animaux appliquant juste l'homomorphie puisque les couleurs sont également dans les mêmes tons que ce qui les entoure.
Par contre il y a ce que l'on appelle l'homotypie (de même type). Dans ce cas l'animal prend la couleur et la forme de son milieu ! Un vrai défis sachant que certains poussent la ressemblance vraiment loin ! Chez certains phasmes, comme les phyllies, les similarités avec les feuilles sont impressionnantes: il se peut même que des tâches brunâtre apparaissent sur les adultes.
Voici un jeune phasme: même couleur et même forme que la feuille (donc homotypie): 

  
Les phasmes sont réputés pour être des maîtres en camouflage mais quantité d'autres animaux maîtrisent l'homotypie. Ce criquet adopte la même marque noire que la tige sur laquelle il est installé !

                                
                                                                  

    

Et voici une photo ou c'est à vous de chercher ! Aucun indice mise à part le fait que ce soit un animal (la silhouette sera mise en évidence en bas de l'article). Pour vous laisser une chance, l'animal n'était pas plaqué sur l'écorce ! C'est d'ailleurs un petit plaisir: être dans un endroit que je ne connais pas et chercher. Je ne sais ni quoi, ni où, je regarde partout. Chaque feuille peut cacher un ou plusieurs individus !
  
 

   Mais le camouflage ne consiste pas uniquement à se cacher, parfois c'est même complétement l'inverse ! L'aposématisme (ou coloration aposématique) est comme un avertissement. Les livrées jaunes rayées de noires, ou rouges signale une certaine toxicité. On sait que les frelons peuvent faire mal, on va donc les éviter.
                

Pour rester sur le même exemple il y a l'argiope frelon (Argiope bruennichi) qui porte bien son nom. La femelle est bien voyante, sa morsure peut-être douloureuse. Du coup elle prévient les possible amateur !

  

 Les zygènes sont assez toxiques, en effet leur corps contient du cyanure ! Elles volètent mollement, nullement inquiète d'être une proie. Tout comme la tête de mort sur nos produit dangereux, elle est rouge et noire donc on évite !
               

   Mais la Nature possède de nombreuses exceptions, tous les animaux rouges vifs ne sont pas dangereux ! Et on entre ainsi dans le monde du mimétisme.
Premièrement le plus connu: le mimétisme batésien.
Pour rappel il faut un modèle, un mime et un dupé. On va donc commencer par le mimétisme batésien partiel. Un exemple sera plus clair: les syrphes.
  

Vous avez dû être nombreux à vous dire que c'est une sorte d'abeille: plus ou moins la même forme et les mêmes couleurs.
En fait c'est une mouche, mais dans le doute, on se méfie. Elle n'est ni toxique, ni dangereuse, pourtant on préfére l'éviter. Il s'agit de mimétisme batésien partiel puisque le syrphe ne copie pas une espèce précise mais une couleur d'avertissement (l'aposématisme).
Dans le cas de Hypolimnas misippus (aucune photo en ma possession) il se sert de Danaus chrysippus:
  

Vous pouvez chercher, les ressemblances sont frappantes ! Danaus est toxique, mais pas l'autre papillon. Ce dernier est tout de même protégé grâce à son mimétisme.

   Le mimétisme müllérien est très proche, la seule différence avec le précédent est que le modèle et le mime sont tous les deux toxiques. Il y a un intérêt tout de même: en effet à quoi ça sert d'être toxique si les prédateurs ne le savent pas ? Blanche-neige s'est fait duper par une pomme, c'est un peu le même principe. Pour savoir que le rouge est toxique, il a d'abord fallu y goûter. Il y a donc eu un certains nombre de sacrifices avant que les prédateurs soient "éduqués". Pour éviter trop de pertes, c'est plus simple de ressembler à une espèce déjà considérée comme dangereuse. Le monarque (Danaus plexippus, proche de la photo ci-dessus)ressemble au Vice-Roi (Basilarchia archippus), tous les deux toxiques.

   Le suivant est le mimétisme mertensien, l'animal dangereux mime une espèce "inoffensive". Je prendrais un exemple fréquemment décrit, qui fait un peu synthèse.
Le serpent roi (Lampropeltis sp.) est inoffensif). Il exerce le mimétisme batésien avec le serpent corail (Micrurus sp.). Ce dernier mime le faux serpent roi (Erythrolampus sp.) qui lui est désagréable à manger.
Les prédateurs des serpents sont souvent des Oiseaux, le Reptile à beau être venimeux, si il ne fait que mordre les pattes ça ne servira pas à grand chose. Par contre si le goût est mauvais, le prédateur cherchera ailleurs.

   Enfin il existe ce que l'on appelle l'auto-mimétisme. Plutôt que mimer une autre espèce, ici on ne fait valoir qu'un élément, l??il par exemple.  Chez le grand paon de jour (Inachis io) il y a de belles ocelles, ainsi, lorsqu'il déploie ses ailes d'un coup, le prédateur peut-être surpris ou effrayé, suffisamment pour permettre au papillon de fuir ! 

  

Mais cela peut également être un leurre. Cette lycène par exemple possède des ocelles à proximité d'une simili-antenne.
                  
Le prédateur attaquera donc le bout de l'aile, pensant qu'il s'agit de la tête. Cette stratégie ne pourra pas resservir, mais c'est mieux que de se trouver dans un estomac !

   

   Je n'ai parlé quasiment que de stratégies défensive, mais l'intérêt du camouflage est aussi de pouvoir s'approcher discrètement d'une proie !
Cette araignée imite les couleurs de la fleur sur laquelle elle est posée. Elle attend patiemment qu'un butineur s'approche et rabat ses pattes d'un coup !

  

Et cette mante religieuse imite parfaitement les petites brindilles:
  
Vous l'aurez compris, le camouflage est donc extrêmement répandu ! Et pour finir, voici la silhouette entouré de rouge. Il s'agit d'une sorte de mante-tronc (Tarachodes sp.)
  

 

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